Expositions : territoires filmiques en résonance

Ce parcours d’expositions explore la manière dont les territoires, les marques et le cinéma se répondent et se prolongent à travers le temps et l’espace. Chaque exposition est pensée comme une vibration, une onde singulière révélant une facette du Grand Est cinématographique. À travers diverses thématiques, vous êtes invités à voyager au cœur des longs-métrages de fiction et à parcourir les dix départements de la région. Découvrez comment le cinéma investit les lieux de tournage, met en valeur les produits locaux et donne vie à des figures emblématiques, tout en dévoilant la richesse culturelle, patrimoniale, historique et territoriale du Grand Est.

Les lumières originelles

Les opérateurs Lumière ont filmé in situ Domrémy, Nancy, Reims, Troyes mais également Épinal et Gérardmer. En indiquant les lieux dans les titres de leurs vues, ils partagent le récit filmique de leurs voyages. Aujourd’hui, ces documents ont une valeur documentaire.Découvrez les modes de vie du XIXe siècle grâce à ces 5 vues qui vous emmènent dans des lieux emblématiques du Grand Est.

À la même époque, le Grand Est est également présent dans le cinéma de Méliès qui réalise, en studio, une fiction sur le personnage de Jeanne d’Arc et un film promotionnel sur le Champagne Mercier.

Lumière et Méliès : deux démarches complémentaires pour révéler le territoire régional, enregistrer le réel pour les uns et mettre en scène une histoire pour l’autre.

Les fragments de la création

L’Art du Grand Est occupe une place de choix dans les fictions cinématographiques. Diversité des lieux et œuvres composent ce tableau.

D’Emile Friant à la culture punk, de la Villa Bergeret (Nancy) à la scène nationale Le Carreau (Forbach), les réalisateurs exposent dans leurs films une variété de productions artistiques et mobilisent des espaces culturels significatifs. Les fonctions qui leur sont associées s’étendent d’un simple décor à la caractérisation des protagonistes, jusqu’à la construction du récit filmique.

Les résonances des voix

Personnage emblématique de la région, Jeanne d’Arc est une figure très présente au cinéma : simple évocation, lieux de mémoire et de pèlerinages, sujet principal, fresque historique.

La première représentation cinématographique de Jeanne d’Arc est réalisée par Georges Méliès en 1900. D’autres films de grands réalisateurs (Flemming, Rivette, Besson) suivront, retraçant les principales étapes de son parcours et de son engagement. Un long-métrage de Dumont se focalise sur l’enfance et l’adolescence du personnage. Le cinéma montre que les lieux fréquentés par La Pucelle constituent une curiosité touristique et que cette figure mythique dépasse les frontières du Grand Est, allant jusqu’à tapisser les murs d’un dessin animé récent de Walt Disney.

 

Jeanne d’Arc n’est pas le seul personnage historique originaire de la région à habiter le cinéma : citons à titre d’exemples le général de Gaulle ou encore les poètes Rimbaud et Verlaine.

Les cicatrices du temps

La Première, la Deuxième et les autres ? Terre centrale de conflits armés mondiaux, le Grand Est est le territoire mobilisé dans les fictions de guerre.

De 14-18, les cinéastes racontent tant les affrontements que l’après-guerre dans sa dimension mémorielle : soldat inconnu, reconnaissance du sacrifice des poilus. De 39-45, les films traitent d’aspects plus variés : conflits militaires, nazisme et camps de concentration, prisonniers de guerre, résistance, vie des civils sous l’occupation. La connotation “théâtre de guerre” du Grand Est permet aux réalisateurs de concevoir des films portant sur d’autres conflits : Napoléon, guerre de 1870, guerre d’Algérie. Du drame à la comédie, les longs-métrages de guerre s’autorisent plus ou moins de liberté avec la vérité historique.