Les cicatrices du temps

La Première, la Deuxième et les autres ? Terre centrale de conflits armés mondiaux, le Grand Est est le territoire mobilisé dans les fictions de guerre.

De 14-18, les cinéastes racontent tant les affrontements que l’après-guerre dans sa dimension mémorielle : soldat inconnu, reconnaissance du sacrifice des poilus. De 39-45, les films traitent d’aspects plus variés : conflits militaires, nazisme et camps de concentration, prisonniers de guerre, résistance, vie des civils sous l’occupation. La connotation “théâtre de guerre” du Grand Est permet aux réalisateurs de concevoir des films portant sur d’autres conflits : Napoléon, guerre de 1870, guerre d’Algérie. Du drame à la comédie, les longs-métrages de guerre s’autorisent plus ou moins de liberté avec la vérité historique.

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J’accuse, Gance, 1919

Meurthe-et-Moselle et Meuse Le film d’Abel Gance, dont le titre s’inspire de l’article d’Émile Zola publié au cours de l’affaire Dreyfus, est un plaidoyer contre la guerre. Ce long-métrage muet fait explicitement référence à la Première Guerre mondiale par les inscriptions qui apparaissent à l’écran et qui sont absolument nécessaires pour situer les champs de […]

J’accuse, Gance, 1919


Meurthe-et-Moselle et Meuse

Le film d’Abel Gance, dont le titre s’inspire de l’article d’Émile Zola publié au cours de l’affaire Dreyfus, est un plaidoyer contre la guerre. Ce long-métrage muet fait explicitement référence à la Première Guerre mondiale par les inscriptions qui apparaissent à l’écran et qui sont absolument nécessaires pour situer les champs de bataille. Le film montre aussi la vie et l’attente des poilus dans les tranchées ; parmi ceux-ci figurent les deux principaux personnages du film : Jean Diaz (Romuald Joubé) et François Laurin (Séverin Mars). Les scènes de bataille ont été tournées lors des derniers mois pendant le conflit et sur les lieux mêmes de celui-ci.

Synopsis : Le film met en relief deux hommes que tout sépare, issus d’un même village. L’un, Jean Diaz, est poète et porte la joie de vivre ; l’autre, François Laurin est une brute qui rend sa femme Édith malheureuse, contrainte au mariage par son père. Jean et Édith tombent amoureux. La guerre éclate. Jean et François apprennent à se connaître pendant la guerre. Édith est déportée en Allemagne comme toutes les femmes de son village. Elle est violée par des soldats, parvient à s’échapper et rentre chez elle. Mais François meurt à la guerre. Quant à Jean, il devient fou, il a des visions macabres qui dénoncent et accusent les horreurs de la guerre et il finit par mourir également.

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Les croix de bois, Bernard, 1931

Aube, Marne et Haute-Marne Les Croix de bois (1931) de Raymond Bernard est une adaptation du roman Les Croix de bois de Roland Dorgelès. Inspiré de l’expérience vécue par son auteur durant la Première Guerre mondiale, il est un terrible réquisitoire contre celle-ci. Le film est dédié à la mémoire des morts, les anonymes et […]

Les croix de bois, Bernard, 1931


Aube, Marne et Haute-Marne

Les Croix de bois (1931) de Raymond Bernard est une adaptation du roman Les Croix de bois de Roland Dorgelès. Inspiré de l’expérience vécue par son auteur durant la Première Guerre mondiale, il est un terrible réquisitoire contre celle-ci. Le film est dédié à la mémoire des morts, les anonymes et les sans-grades, tous les « poilus » qui n’ont obtenu qu’une croix de cimetière en guise de médaille militaire. Comme en témoigne l’illustration, « le film prend une dimension allégorique lorsque le combat se poursuit dans un cimetière, les vivants et les morts se mêlant dans la boue et les tranchées creusées entre les tombes », Arte, novembre 2014.

« Hanté par le souci d’authenticité, par respect pour les soldats, le film bénéficia de moyens considérables, mais développa surtout de nouvelles techniques sonores — nous sommes au début du cinéma parlant — pour retranscrire avec le plus de réalisme possible le fracas des combats et des explosions, ou le bruit régulier et angoissant des souterrains que les Allemands creusent sous les tranchées françaises, grâce à des trouvailles révolutionnaires pour l’époque d’enregistrement et de mixage des sons. Raymond Bernard emploiera aussi des vétérans de la guerre de 14-18 plutôt que des soldats inexpérimentés fournis par l’armée française pour les rôles secondaires et la figuration. Les deux acteurs principaux du film, Pierre Blanchar et Charles Vanel, avaient combattu pendant la « Grande Guerre ». Félicité pour sa bouleversante scène d’agonie, Charles Vanel aurait dit : “pour ce film il n’y a pas besoin de jouer, il suffit de se souvenir…” » Arte, novembre 2014

Synopsis : La mobilisation de 1914, le départ des troupes. L’étudiant Demachy, l’ouvrier Sulphart et le boulanger Bréval s’engagent. Les rudes réalités de la vie guerrière remplacent bien vite les illusions des jeunes hommes. C’est l’angoissante veillée dans une tranchée que l’on sait minée par les Allemands, la relève et la mort des remplaçants, le repos suivi de la grande offensive, véritable hécatombe. Au moment de partir en permission, Demachy est mortellement blessé et voit dans son délire apparaître une longue colonne de soldats porteurs seulement de leur symbolique croix de bois.

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La grande illusion

Alsace La région Grand Est apparaît dans le film à travers des scènes au château du Haut-Kœnigsbourg, à Colmar, Neuf-Brisach, Vogelsheim, Sélestat et Fréland, en Alsace, ainsi qu’une mention sonore de « Douaumont » (Meuse). Dans la seconde partie du film, le château sert de cadre à la forteresse où sont transférés Maréchal et de Boëldieu. On […]

La grande illusion


Alsace

La région Grand Est apparaît dans le film à travers des scènes au château du Haut-Kœnigsbourg, à Colmar, Neuf-Brisach, Vogelsheim, Sélestat et Fréland, en Alsace, ainsi qu’une mention sonore de « Douaumont » (Meuse).

Dans la seconde partie du film, le château sert de cadre à la forteresse où sont transférés Maréchal et de Boëldieu. On voit peu le château dans son ensemble mais les scènes à l’intérieur sont tournées au Haut Koenigsbourg.

« Une forteresse magnifiquement romantique. Du haut des courtines et des mâchicoulis que noient parfois des brumes fantomatiques, cette ancienne sentinelle, choisie comme décor par Jean Renoir pour La Grande Illusion, offre, en effet, les plus fantastiques échappées sur la plaine et la montagne. » Jérôme Estrada, « 100 lieux remarquables à (re)découvrir près de chez vous », L’Est Républicain, novembre 2021

Lors d’une scène, les Allemands fêtent la prise du fort de Douaumont jusqu’à ce que l’aviateur Maréchal (Jean Gabin) arrive en criant de joie : « On vient de reprendre Douaumont ! ». Toute l’assistance se réjouit et entonne la Marseillaise au nez des soldats allemands. Maréchal se présente, provocateur, devant les fauteuils des commandants du camp qui quittent la salle.

Synopsis : Première Guerre mondiale. Deux soldats français sont faits prisonniers par le commandant von Rauffenstein, un Allemand raffiné et respectueux. Conduits dans un camp de prisonniers, ils aident leurs compagnons de chambrée à creuser un tunnel secret. Mais à la veille de leur évasion, les détenus sont transférés. Ils sont finalement emmenés dans une forteresse de haute sécurité dirigée par von Rauffenstein. Celui-ci traite les prisonniers avec courtoisie, se liant même d’amitié avec Boeldieu. Mais les officiers français préparent une nouvelle évasion.

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La vie et rien d’autre, Tavernier, 1989

Citadelle, Verdun, Meuse L’illustration représente un moment clé du film, celui où le cercueil du Soldat Inconnu quitte la citadelle de Verdun. Dans la scène précédente, la citadelle est décorée comme une galerie militaire, il y a des drapeaux tricolores, des branchages, des croix, des bougies. Des militaires sont en position de garde-à-vous, le regard […]

La vie et rien d’autre, Tavernier, 1989


Citadelle, Verdun, Meuse

L’illustration représente un moment clé du film, celui où le cercueil du Soldat Inconnu quitte la citadelle de Verdun. Dans la scène précédente, la citadelle est décorée comme une galerie militaire, il y a des drapeaux tricolores, des branchages, des croix, des bougies. Des militaires sont en position de garde-à-vous, le regard dirigé au loin. Ils tiennent leurs armes le long du corps. Autour d’eux, assistent également à la crérémonie, le commandant Dellaplane (Philippe Noiret), des femmes habillées en noir et des journalistes. Auguste Thin, soldat qui a combattu sur presque tous les champs de bataille et dont le père a lui aussi participé à d’autres conflits, a l’honneur de choisir le cercueil du Soldat Inconnu. Parmi les huit cercueils placés devant lui, il désigne celui qui sera placé sous l’Arc de Triomphe en mémoire de tous les soldats morts au combat durant la Première Guerre mondiale.

« Dans les articles écrits à l’époque, on apprend que Philippe Noiret, barbe, moustache et bouffarde à la lippe, aurait bien voulu porter un uniforme d’époque. Mais sa haute stature ne l’a pas permis. En revanche, la capote, elle, était authentique, tout comme les médailles qu’il arborait sur sa poitrine. Les décorations appartenaient à son père : Légion d’honneur, Croix de guerre et Médaille des blessés ». Est Républicain, juillet 2016

La scène du choix du Soldat Inconnu, à la Citadelle souterraine de Verdun, est particulièrement réaliste, reposant sur un travail historique très accompli. Beaucoup de figurants locaux y ont été impliqués.

Cette cérémonie a eu lieu en novembre 1920 à Verdun. Les débats sont houleux à la Chambre des Députés pour savoir où enterrer le soldat inconnu. Certains sont favorables au Panthéon qui accueille les Grands Hommes de l’Histoire alors que d’autres voulaient que le Soldat Inconnu soit enterré aux Invalides, symbole militaire par excellence. Finalement, c’est l’Arc de Triomphe, monument républicain, idéalement situé au centre d’un carrefour, qui sera retenu.

Le film a obtenu plusieurs récompenses : César 1990 du meilleur acteur pour Philippe Noiret, César de la meilleure musique pour Oswald d’Andrea, Prix du cinéma européen en 1990 – Prix Spécial du Jury et Meilleur acteur pour Philppe Noiret, BAFTA 1990 – Meilleur film en langue étrangère.

Synopsis : 1920. La Première Guerre mondiale est achevée depuis deux ans. La France panse ses plaies et se remet au travail. Dans ce climat, deux jeunes femmes d’origines sociales très différentes poursuivent le même but : retrouver l’homme qu’elles aiment et qui a disparu dans la tourmente. Leur enquête les conduit à la même source d’information, le commandant Dellaplane. Du 6 au 10 novembre 1920, Irène, Alice, le commandant se croisent, s’affrontent et finalement apprennent à se connaître…

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Citizen Kane, Welles, 1941

Cimetière de Douaumont, Meuse Dans le premier quart du film, une rétrospective de la vie du milliardaire Charles Foster Kane (Orson Welles) est créée dans une suite d’images qui se succèdent rapidement. Parmi celles-ci, nous découvrons un plan du cimetière de Douaumont qui apprend aux spectateurs que le personnage a fait la Première Guerre mondiale. […]

Citizen Kane, Welles, 1941


Cimetière de Douaumont, Meuse

Dans le premier quart du film, une rétrospective de la vie du milliardaire Charles Foster Kane (Orson Welles) est créée dans une suite d’images qui se succèdent rapidement. Parmi celles-ci, nous découvrons un plan du cimetière de Douaumont qui apprend aux spectateurs que le personnage a fait la Première Guerre mondiale.

Le cimetière (ossuaire) de Douaumont est un monument à la mémoire des soldats de la bataille de Verdun de 1916. Il est situé à la limite des communes de Douaumont-Vaux et Fleury-devant-Douaumont, à quelques kilomètres de Verdun. Il abrite les restes de 130 000 soldats inconnus, Français et Allemands.


Selon un sondage de la BBC en 2020, Citizen Kane est le meilleur film américain de tous les temps.

Synopsis : À la mort du milliardaire Charles Foster Kane, grand magnat de la presse, Thompson, un reporter, enquête sur sa vie. Les contacts qu’il prend avec ses proches lui font découvrir un personnage gigantesque, mégalomane, égoïste et solitaire.

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Les patates, Autant-Lara, 1969

Ardennes Ce film témoigne d’une dimension importante de la Deuxième Guerre mondiale : la partition de la France en deux territoires et la vie des civils durant cette période d’occupation. Le film a été tourné dans la petite commune de Bourg-Fidèle, située entre Rocroi et Charleville-Mézières, zone occupée en 1942. Pour nourrir sa famille, Clovis […]

Les patates, Autant-Lara, 1969


Ardennes

Ce film témoigne d’une dimension importante de la Deuxième Guerre mondiale : la partition de la France en deux territoires et la vie des civils durant cette période d’occupation. Le film a été tourné dans la petite commune de Bourg-Fidèle, située entre Rocroi et Charleville-Mézières, zone occupée en 1942. Pour nourrir sa famille, Clovis (Pierre Perret) doit se rendre en zone libre. L’illustration témoigne de cette partition géographique de l’époque.

Synopsis : 1942, au plus fort de l’occupation dans les Ardennes, zone interdite et affamée. Pour Clovis Parizel, habitant de Bourg-Fidèle, nourrir sa femme et ses deux enfants est une tâche presque insurmontable. Mais heureusement Mathilde, la femme de Clovis, a une idée : elle suggère à son mari d’aller trouver les parents d’un homme qui était avec lui à la guerre. Ce serait bien le diable si ces parents reconnaissants ne lui donnaient pas quelques kilos de pommes de terre…

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La vache et le prisonnier, Verneuil, 1959

Meurthe-et-Moselle Pendant la Deuxième Guerre mondiale, Charles Bailly (Fernandel), un Français prisonnier de guerre en Allemagne, s’échappe et décide de traverser le pays, accompagné de sa vache Marguerite. Après s’être séparé de l’animal, il se dissimule sous un train pour franchir la frontière germano-française. Alors qu’il se retrouve à la gare de Lunéville, il prend […]

La vache et le prisonnier, Verneuil, 1959


Meurthe-et-Moselle

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, Charles Bailly (Fernandel), un Français prisonnier de guerre en Allemagne, s’échappe et décide de traverser le pays, accompagné de sa vache Marguerite. Après s’être séparé de l’animal, il se dissimule sous un train pour franchir la frontière germano-française. Alors qu’il se retrouve à la gare de Lunéville, il prend la fuite devant deux policiers français, et saute dans un train en partance pour… l’Allemagne.

Synopsis : En 1943, Charles Bailly, prisonnier de guerre français, décide de s’évader et de retourner en France. Il ne trouve comme stratagème qu’une vache, Marguerite, et un seau de lait pour traverser l’Allemagne de part en part. Après une première tentative manquée, il s’évade une nouvelle fois, mais Marguerite se perd dans un troupeau de vaches…

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De l’or pour les braves, Hutton, 1970

Nancy, Meurthe-et-Moselle De l’or pour les braves nous place immédiatement en Lorraine, aux alentours de Nancy, mais la seule présence visuelle de Nancy dans le film est une mention écrite sur un panneau routier (représenté par l’illustration). Le film s’appuie sur un contexte historique marqué par la situation géographique : la position de la Lorraine […]

De l’or pour les braves, Hutton, 1970


Nancy, Meurthe-et-Moselle

De l’or pour les braves nous place immédiatement en Lorraine, aux alentours de Nancy, mais la seule présence visuelle de Nancy dans le film est une mention écrite sur un panneau routier (représenté par l’illustration). Le film s’appuie sur un contexte historique marqué par la situation géographique : la position de la Lorraine lors de la Deuxième Guerre mondiale. La crédibilité de l’histoire racontée nécessite des insertions contextuelles compréhensibles pour Nancy. Ainsi pour compléter cette mention visuelle, les personnages (notamment incarnés par Clint Eastwood et Donald Sutherland) citent à plusieurs reprises la ville et le territoire nancéiens. Le long-métrage donne donc l’impression d’avoir été tourné en Lorraine alors que ce n’est pas le cas.

Synopsis : En 1944, près de Nancy, un colonel allemand est capturé par le lieutenant américain Kelly. Découvrant que son prisonnier est en possession de deux lingots d’or, il lui fait subir un interrogatoire au terme duquel sa victime lui fait une incroyable révélation : dans une banque à quelque 40 kilomètres de la ligne de front, les Allemands disposent d’un trésor de 16 millions de dollars… Kelly n’a alors plus qu’une idée en tête : s’en emparer, lui et ses hommes, pour leur propre compte.

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Suite française, Dibb, 2015

Marville, Meuse Le long-métrage Suite française réalisé par Saul Dibb est une adaptation du roman posthume d’Irène Némirovsky. Dans la France occupée de 1940, Madame Angellier (Kristin Scott Thomas) et sa belle-fille Lucile (Michelle Williams) sont contraintes d’accepter de loger le lieutenant Bruno von Falk (Matthias Schoenaerts). « Entre la blonde farouche aux convictions résistantes et […]

Suite française, Dibb, 2015


Marville, Meuse

Le long-métrage Suite française réalisé par Saul Dibb est une adaptation du roman posthume d’Irène Némirovsky.

Dans la France occupée de 1940, Madame Angellier (Kristin Scott Thomas) et sa belle-fille Lucile (Michelle Williams) sont contraintes d’accepter de loger le lieutenant Bruno von Falk (Matthias Schoenaerts). « Entre la blonde farouche aux convictions résistantes et le chef nazi, la colocation, d’abord conflictuelle, tourne rapidement au jeu de séduction coupable. […] la love story sur fond de Seconde Guerre mondiale. » Les Inrocks, mars 2015

Le film met en évidence un lieu qui symbolise un village français occupé durant la Seconde Guerre mondiale et la vie quotidienne de ses habitants entre répression subie et exil forcé.

Synopsis : Été 1940. France. Dans l’attente de nouvelles de son mari prisonnier de guerre, Lucile Angellier mène une existence soumise sous l’œil inquisiteur de sa belle-mère. L’arrivée de l’armée allemande dans leur village contraint les deux femmes à loger chez elles le lieutenant Bruno von Falk. Lucile tente de l’éviter, mais ne peut bientôt plus ignorer l’attirance qu’elle éprouve pour l’officier…

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Réfractaire, Steil, 2010

Longwy, Meurthe-et-Moselle Il existe de nombreux longs-métrages sur la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale. Néanmoins, ce film opte pour un point de vue inédit : il se focalise sur la façon dont la population luxembourgeoise perçoit la guerre de 39-45. Cette histoire dépeint la vie de François (Grégoire Leprince-Ringuet), fils d’un collabo bourgeois, étudiant […]

Réfractaire, Steil, 2010


Longwy, Meurthe-et-Moselle

Il existe de nombreux longs-métrages sur la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale. Néanmoins, ce film opte pour un point de vue inédit : il se focalise sur la façon dont la population luxembourgeoise perçoit la guerre de 39-45. Cette histoire dépeint la vie de François (Grégoire Leprince-Ringuet), fils d’un collabo bourgeois, étudiant dans une université allemande. Au cœur d’un pays frappé par le nazisme, François s’oppose rapidement aux idées du national-socialisme pourtant largement divulguées dans ses cours : « dans le monde il y a la race aryenne, et les sous-hommes, et ces sous-hommes, il faut les exterminer ». Refusant de partir sur le front russe, il devient un « réfractaire », contraint de se cacher, de survivre dans des conditions précaires et de risquer sa vie au quotidien.

« Il représente l’audace et le courage de ces résistants qui, malgré leurs origines confortables et leur rang social, souhaitaient la liberté et un autre monde que celui proposé par les nazis. Leurs convictions étaient plus fortes que quelques billets de banque et une situation confortable. » Le Blog du cinéma, août 2009

L’illustration montre François qui se fait rafler par la Gestapo dans la rue Saint-Jules du quartier Gouraincourt, à Longwy.

Synopsis : François a vingt et un ans et il vit dans un petit pays qui vient d’être annexé par l’Allemagne nazie. Son père, collaborateur du régime fasciste, l’oblige à aller à l’université allemande. Mais François a commis un premier acte de désobéissance : il est parti de cet endroit qui professait la haine raciale. Maintenant se pose à lui ce choix cornélien : devenir un « enrôlé de force » et partir sur le front russe pour tirer sur les Alliés ou bien se transformer en « réfractaire » et se terrer au fond d’une mine pendant de long mois sans voir la lumière du soleil, dans le froid et dans l’humidité, avec comme seul espoir celui de la Libération.

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Le bal des maudits, Dmytryk, 1958

Camp de concentration du Natzweiler-Struthof, Bas-Rhin Ce film américain réalisé par Edward Dmytryk est un film de guerre incontournable dans la mesure où le réalisateur met un point d’honneur à aborder tous les aspects des conflits de la Deuxième Guerre mondiale : l’engouement nationaliste des Allemands, l’engagement plus ou moins forcé des soldats, les réprimandes […]

Le bal des maudits, Dmytryk, 1958


Camp de concentration du Natzweiler-Struthof, Bas-Rhin

Ce film américain réalisé par Edward Dmytryk est un film de guerre incontournable dans la mesure où le réalisateur met un point d’honneur à aborder tous les aspects des conflits de la Deuxième Guerre mondiale : l’engouement nationaliste des Allemands, l’engagement plus ou moins forcé des soldats, les réprimandes des supérieurs sur les soldats, les opérations commandos, les crimes de guerre, les camps de concentration, etc. Des légendes du cinéma hollywoodien (Marlon Brando, Montgomery Clift, Dean Martin) ont incarné les personnages principaux de ce film.

Certaines scènes ont été tournées au camp de concentration du Struthof, en Alsace. L’illustration témoigne d’une de ces séquences.

Synopsis : Durant la Seconde Guerre mondiale, l’officier allemand Christian Diestl se trouve en désaccord avec l’idéologie nazie. De son côté, Noah Ackerman gravit les échelons de l’armée américaine. Et au milieu de cette guerre, un homme apeuré, Michael, cherche à se cacher.

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Les uns et les autres, Lelouch, 1981

Camp de concentration du Natzweiler-Struthof, Bas-Rhin La région Grand Est apparaît dans le film à travers des séquences filmées à Natzwiller, dans le Bas-Rhin, sur le site du camp de concentration du Natzweiler-Struthof. Le film retrace l’histoire de trois générations unies par l’amour de la musique et de la danse, de l’entre-deux-guerres aux années 1980, […]

Les uns et les autres, Lelouch, 1981


Camp de concentration du Natzweiler-Struthof, Bas-Rhin

La région Grand Est apparaît dans le film à travers des séquences filmées à Natzwiller, dans le Bas-Rhin, sur le site du camp de concentration du Natzweiler-Struthof.

Le film retrace l’histoire de trois générations unies par l’amour de la musique et de la danse, de l’entre-deux-guerres aux années 1980, dans quatre pays : France, Allemagne, Russie, États-Unis. Ces destins croisés prennent naissance juste avant le début des conflits armés de la Seconde Guerre mondiale et se prolongent, vingt ans plus tard, à travers la vie de leurs enfants. Par exemple, la violoniste Anne Meyer (Nicole Garcia), mariée à un juif, recherche son fils qu’elle a dû abandonner à la frontière pour lui éviter les camps de concentration. « Ce film est pour elle un album de famille qu’on feuillette et qui traverse l’histoire », INA, 9 juin 1981.

Synopsis : C’est quarante-cinq ans de l’histoire du monde, de 1936 à aujourd’hui, que Claude Lelouch a voulu retrouver en réalisant ce film. Il a choisi pour cela de tracer le destin de 4 familles venues d’horizons différents, mais qui parlent finalement une même langue : celle de la musique. Le film commence avec les parents : à Moscou avec Boris Itovitch (Jorge Donn) et Tatiana (Rita Poelvoorde) première danseuse au Bolchoi ; à Berlin avec Karl Kremer (Daniel Olbrychski) jeune pianiste qui deviendra un grand chef d’orchestre ; aux États-Unis avec Jack Glenn (James Caan) le musicien de jazz. Et enfin avec Robert (Robert Hossein) fils d’un pianiste et d’une violoniste des Folies Bergères qui moururent en déportation. Ce film se termine au Gala de l’UNICEF en 1980, autour du Boléro de Ravel avec d’une part les rescapés et de l’autre les enfants, tous unis dans une longue séquence musicale très émouvante.

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Napoléon, Guitry, 1955

Mourmelon, Marne Le film met en valeur la région Grand Est à travers des scènes tournées à Mourmelon-le-Grand, dans la Marne. Ce long-métrage signé Sacha Guitry est le seul film français à embrasser toute la vie de Napoléon Bonaparte. Loin de la fresque fidèle à une vérité historique, le film est construit autour des anecdotes, […]

Napoléon, Guitry, 1955


Mourmelon, Marne

Le film met en valeur la région Grand Est à travers des scènes tournées à Mourmelon-le-Grand, dans la Marne.

Ce long-métrage signé Sacha Guitry est le seul film français à embrasser toute la vie de Napoléon Bonaparte. Loin de la fresque fidèle à une vérité historique, le film est construit autour des anecdotes, des phrases célèbres, des personnages les plus importants de l’épopée napoléonienne. Le film est servi par une distribution impressionnante et prestigieuse : Michèle Morgan, Daniel Gélin, Raymond Pellegrin, Danielle Darrieux, Pierre Brasseur, Jean Gabin, Jean Marais, Yves Montand, Orson Welles, etc.

Pour la petite histoire, Bonaparte est incarné par deux acteurs différents (Daniel Gélin puis Raymond Pellegrin). Au milieu du film, le personnage se rend chez son coiffeur et change miraculeusement de physique et de morphologie !

Synopsis : Le film expose la vie de Napoléon de 1769 à 1821. L’épopée de Napoléon Bonaparte racontée par M. de Talleyrand à ses amis ; sa naissance en Corse, ses études à l’école militaire de Brienne, ses fiançailles à Toulon, son arrivée à Paris, sa rencontre avec Joséphine de Beauharnais. Arcole, la campagne d’Égypte, le 18 brumaire, Bonaparte devient Premier Consul, puis Napoléon Ier, Empereur. Ses victoires, la campagne de Russie, l’abdication, l’île d’Elbe, Waterloo, Sainte-Hélène…

 

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Champ d’honneur, Denis, 1987

Alsace L’histoire se déroule en 1869. Pierre Naboulet (Cris Campion), pour sauver la ferme familiale, vend son numéro de conscrit au fils d’un notable Arnaud Florent qui échappe ainsi au service militaire. Pierre quitte son village, sa famille et sa fiancée, Henriette. Lorsque la guerre éclate à l’été 1870, Pierre se retrouve sur le front […]

Champ d’honneur, Denis, 1987


Alsace

L’histoire se déroule en 1869. Pierre Naboulet (Cris Campion), pour sauver la ferme familiale, vend son numéro de conscrit au fils d’un notable Arnaud Florent qui échappe ainsi au service militaire. Pierre quitte son village, sa famille et sa fiancée, Henriette. Lorsque la guerre éclate à l’été 1870, Pierre se retrouve sur le front en Alsace. Échappant au massacre, il fait la rencontre d’un enfant perdu dont il devient l’ami bien qu’ils ne parlent pas la même langue.

Le film glisse de la Dordogne à l’Alsace et de l’Alsace à la Dordogne, à travers les forêts. Il a été tourné en partie dans les Vosges du Nord et à Bitche.

Synopsis : Le surprenant destin de Pierre Naboulet, devenu soldat pendant la terrible guerre de 1870 qu’il traverse avec un enfant perdu.

 

 

 

 

 

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Indigènes, Bouchareb, 2006

Alsace et Vosges Ce film évoque une page longtemps occultée de l’Histoire de France. En 1943, des tirailleurs maghrébins et africains rejoignent l’armée française pour libérer la France de l’ennemi nazi. Ils sont surnommés « indigènes ». Le réalisateur retrace à la fois les faits d’armes de ces soldats et le racisme dont ils sont l’objet de […]

Indigènes, Bouchareb, 2006


Alsace et Vosges

Ce film évoque une page longtemps occultée de l’Histoire de France. En 1943, des tirailleurs maghrébins et africains rejoignent l’armée française pour libérer la France de l’ennemi nazi. Ils sont surnommés « indigènes ». Le réalisateur retrace à la fois les faits d’armes de ces soldats et le racisme dont ils sont l’objet de la part des officiers.

Le tournage d’Indigènes « s’est déroulé à Ouarzazate, Agadir pour les scènes de bateau, dans le sud de la France – à Beaucaire et Tarascon – pour les scènes de la Libération, puis dans les Vosges et à la frontière Alsace-Lorraine. Les scènes de montagnes enneigées censées se dérouler dans les Vosges ont été tournées au Maroc ! » Rachid Bouchareb (Dossier de presse du film )

Pour les besoins du film, l’équipe a également transformé l’ancienne clouterie dite « Le moulin aux bois » (Vosges) en village et des façades ont été recouvertes de façon à former des colombages comme en Alsace.

Le tournage du film a débuté à la manufacture de Bains-les-Bains, pour prendre place par la suite vers le moulin au bois, une ancienne clouterie transformée aujourd’hui en village. Regroupant plusieurs figurants, impressionnés de tourner avec Jamel Debouzze, la petite continua son chemin jusqu’à Fontenoy-le-Château, vêtus d’habits et de chaussures fidèles aux soldats de l’époque, dans la poudreuse blanche de l’hiver, presque en condition de vrai guerre.

La scène finale se passe dans un tram strasbourgeois (place de l’Homme de Fer).

Les choix de casting concernant les rôles-titres ne sont pas fortuits : Debbouze, Bouajila, Zem et Naceri sont les descendants de soldats qui ont libéré la France et l’Europe pendant la Seconde Guerre mondiale. « C’était une évidence pour moi de les engager dès le début du processus. […] Sûrement en raison du sujet, de notre histoire, de ce que nous sommes en France. On n’est plus dans le cinéma, on s’approche plus de la pétition. D’ailleurs, c’est comme ça qu’ils ont réagi, en acceptant immédiatement de s’engager dans ce combat. Le cinéma est un outil et un moyen de pouvoir ouvrir ce chapitre douloureux de l’histoire de France. » Rachid Bouchareb, L’Express, septembre 2007

Synopsis : En 1943, alors que la France tente de se libérer de la domination nazie, le film raconte le parcours de quatre « indigènes », soldats oubliés de la première armée française recrutée en Afrique. Abdelkader, Saïd, Messaoud et Yassin, réputés pour leur courage, sont envoyés en première ligne. Argent, amour pour la France ou pour l’armée française, foi en la liberté et l’égalité, leurs motivations divergent pour un même combat, libérer la France, les armes à la main.

Lien vers la bande-annonce du film